De fait, quelques jours plus tard, maillot foot vert bleu Christian Gourcuff est débarqué de son poste d’entraîneur du Stade rennais pour la seconde fois de sa carrière. Durant la saison, en février 2020, Olivier Létang alors président exécutif du Stade rennais FC, est démis de ses fonctions par la famille Pinault, propriétaire du club. Les relégués de la saison précédente, l’AS Saint-Étienne, les Girondins de Bordeaux et le FC Metz sont remplacés par le Toulouse FC, champion de Ligue 2 en 2021-2022, l’AC Ajaccio et l’AJ Auxerre. 6e puis 5e la saison suivante, se qualifiant pour la première fois de son histoire pour les play-offs, éliminé par Bordeaux en 1/4 de finale sur le score de 3 manches à 0. Bien que l’équipe de France s’apprête à signer le meilleur résultat de son histoire, le hockey français va mal, et il ne reste que 5 clubs au départ de la Nationale 1 pour la saison 91/92, l’année des Jeux olympiques d’Albertville. Lors de la saison 94/95 le HCR ne trouve pas la régularité et termine 5e malgré un effectif pléthorique, mais élimine en 1/4 de finale les Brûleurs de loups de Grenoble emmenés par la « ligne BBC » (Bozon-Bekboulatov-Catenacci), sur le score de 3-0 avant de sombrer face à la puissance de Rouen en 1/2 pour terminer finalement 4e. La saison suivante, avec une 1re ligne Grossi-Briand-Poulin puissante et efficace, une 3e ligne Rozenthal-Zwikel-Rozenthal rapide et dynamique, une défense sérieuse et un Lilljebjörn qui s’impose comme le meilleur gardien qu’aura connu le club, Reims gagne en régularité et termine 3e. Le 1/4 est de nouveau remporté 3-0 face à Grenoble, et les rémois offrent une opposition sérieuse à Rouen en 1/2 finale malgré la défaite 3-0. La 3e place se joue face à Amiens et c’est 2 clubs très motivés qui s’affrontent, Reims à l’idée de terminer pour la première fois sur le podium et Amiens, tout nouveau pensionnaire du Coliseum qui veut y décrocher très rapidement une 1re distinction.
Mais Gronstrand est blessé par une charge d’Antoine Richer lors d’un match à Amiens (les rencontres seront systématiquement tendues entre ces 2 joueurs les saisons suivantes), la première ligne Tremblay-Briand-Poulin, soutenue jusque-là par un Carlsson très offensif et par un Gronstrand qui assurait les arrières perd en efficacité et en équilibre, et la défense est désorganisée. Mais Svitac, meilleur marqueur du club, se blesse et la qualification en finale est manquée face aux Huskies de Chamonix, malgré une victoire en mort subite lors de la 4e manche, au terme d’un 5e match retourné par « Cham » dans les 10 dernières minutes, maillot de foot violet et bleu l’expérience de Christophe Ville et d’une équipe qui compte dans son effectif de nombreux internationaux faisant la différence. Second de la poule Nord, Reims « arrache » la 3e place du carré final aux Gothiques d’Amiens au Goal-average, Christophe Renard, auteur d’une saison qui l’amènera au championnat du monde, détournant un pénalty décisif d’Antoine Richer dans les ultimes secondes du dernier match de la saison. Sa mission de renforcer l’équipe et de faire mieux que la saison précédente, qui a vu l’équipe finir 15e, maillot foot rose et noir à deux points du dernier relégable. L’équipe mise en place par Vladimir Kovine se structure autour de joueurs confirmés comme les internationaux Pierre Schmitt et Laurent Lecomte, les expérimentés Luc Baud, Olivier Bordas, Michel Tavernier, Serge Djelloul, Bruno Margerit et Kazimierz Jurek et les jeunes David Ribanelli, Bruno Maynard puis Arnaud Briand, futur capitaine de l’équipe de France.
Le Hockey Club de Reims débute en championnat de Nationale 1A (aujourd’hui Ligue Magnus) en 1989. Le HCR, emmené par le champion olympique russe Vladimir Kovine, termine alors second de N1B, battu à domicile par Viry lors de la dernière journée et doublé par Caen alors que la première place synonyme d’accession semblait acquise. Charles Marcelle, permettra au Hockey Club de Reims de bénéficier de l’expérience d’entraîneurs internationaux tels que Vladimir Kovine (Russie), Mikael Lundström (Suède), Bohuslav Ebermann (République tchèque) et Jari Gronstand (Finlande) pour atteindre les sommets hexagonaux tout en développant la formation. Le suédois Mikael Lundström prend les rênes de l’équipe, et Reims verra passer des pointures étrangères comme les gardiens Åke Lilljebjörn, gardien de haut niveau Suédois et ancien international sélectionné à la Coupe Canada 1987 et Olof Modig, les défenseurs Mojmir Bozik, Miroslav Marcinko, Lars Modig, Calle Carlsson et Jari Gronstrand, qui a joué 5 saisons en NHL et la majeure partie de sa carrière à Tampere, et les attaquants Jens Hellgren, Dino Grossi, Charles Poulin et Patrice Tremblay. En 1983, après avoir toujours végété au plus bas niveau, sans véritable projet sportif et formateur, Charles Marcelle prend en main les rênes du club dans lequel évolue son fils.
La municipalité, qui vient de vivre les mises en liquidation du Stade de Reims et du Reims Champagne Basket, veut sauver le dernier sport de haut niveau de sa ville, qui est aussi le moins endetté, et s’engage à largement subventionner le club. Victime de cette formule aberrante où tout s’est joué sur 6 matchs, mais aussi de son manque de préparation, de son excès de confiance et de ses erreurs de recrutement, Reims va jouer en N1B et Dmitriev, présenté à son arrivée comme un grand espoir du hockey russe, rentre chez lui. Le président Marcelle s’impose rapidement comme une figure dans le monde du hockey français, son efficacité à faire du club l’un des meilleurs de France n’aura d’égal que sa « grande gueule » et ses qualités humaines. Il est naturellement indissociable des « années Flammes Bleues », nom qu’il donnera rapidement au Hockey Club de Reims après son arrivée et qui restera cher dans le cœur des supporters, et son ombre planera toujours à la patinoire de la chaussée Bocquaine, accoté du banc de l’équipe hôte, derrière la porte menant de la glace aux vestiaires, où il se tenait à chaque match près de ses gamins, comme il les appelait affectueusement.


